“Un concert, une pièce de danse ? Peu importe la forme, pourvu qu’on
ait le plaisir ! Et l’on se délecte devant ce petit bijou de spectacle, qui est
autant dû à la créativité du chanteur qu’à la personnalité des danseurs qui
visiblement s’éclatent à jouer aux pop stars.”
Dans “2008 Vallée”, Mathilde Monnier plonge dans l’univers fantasque
et décalé du “borderline” Philippe Katerine pour une ambiance pop en sous-pull
sur tapis jaune avec “chansons chorégraphiées”. L’essentiel de l’album de
Katerine, “Robots après tout”, y passe, provoquant un précipité de
paroles et de gestes qui nous catapulte directement sur la planète Katerine. Et
surtout c’est en compagnie de Mathilde Monnier et de ses danseurs qu’il incarne
sur le plateau son univers déjanté. Au-delà du concert et au-delà de la
danse, les deux artistes explosent les formats classiques du spectacle pour
recréer tout un pays musical.
Directrice du Centre chorégraphique national de Montpellier depuis 1994,
Mathilde Monnier signe sa première création en solo en 1998. Elle engage une
série de collaborations avec des personnalités venant de divers champs
artistiques, entre autres Allitérations avec le philosophe Jean-Luc Nancy, La
place du singe avec l'écrivain Christine Angot. De la différence aux questions
de société, elle développe également une recherche qui l'amène jusqu'aux limites
de la folie comme dans Déroutes (spectacle accueilli en mars 2004). Sur ses
nombreuses créations elle s'associe régulièrement avec le musicien eRikm et la
scénographe Annie Tolleter. |